ETHER REAL: Travelog

Banabila & Machinefabriek: Travelog  (2013)

C’est en 2011 que l’on découvrait Michel Banabila et sa musique bien personnelle, quelque part entre ambient et musiques expérimentales, aidé en cela par un parcours et près de 30 ans d’expérience. Extrêmement productif, le Néerlandais sort facilement 3-4 albums par an, en grande partie sur son propre label Tapu Records, parfois en collaboration avec d’autres structures comme c’est le cas ici. Les collaborations, il les mène également dans la création, et ce depuis toujours, mais ce fut une surprise de le voir ici avec Machinefabriek que l’on apprécie également beaucoup. Il s’agit là de leur deuxième effort en commun, et un troisième volet est même sorti en mai de cette année.

Comme pour The Latest Research From The Department Of Electrical Engineering, le précédent album de Michel Banabila chroniqué sur ces pages, Travelog est très riche, voire surprenant par moment. Certes, on n’est guère emballé par ce Spin ’n Puke peut-être trop enjoué, à la construction un peu trop classique, mais dès Narita, on retrouve tout le charme de la musique de Banabila, hors des sentiers battus, des espèces d’expérimentations poétiques, alliant ici une mélodie entre harmonica et cornemuse, des bribes vocales lointaines, et une texture grésillante qui n’en finit pas de monter.
Questionnement légitime, sur les premiers titres on se demande quelle est la part produite par chacun des deux musiciens, mais cette interrogation disparaîtra bien vite car elle n’apparaît pas comme pertinente. Si les sources sonores sont variées, l’ensemble forme un tout cohérent, qui coule de source même si la musique du duo est un immense collage à base de mélodies acoustiques, de field recordings, de voix et bruitages divers, le tout saupoudré de bricolages et glitchs électroniques Antennas.

On trouve donc dans l’ordre des mélodies flottantes alliant guitare, cuivre et électronique, des ambiances quasi industrielles précédent une ambient minimale (Rain Painting), une projection en forêt amazonienne avec oiseaux et chants tribaux (le très beau Yarra) qui se prolonge de façon un peu moins exotique sur Dinsdag.
Les trois derniers titres surprennent par leur changement d’approche. Notre préféré, Runner joue d’abord sur un effet de hachage/syncope sur une mélodie de piano, assez typique d’une electronica glitchy, avant d’embrayer sur des boucles électroniques ultra prenantes. Changement complet de registre encore avec Debris et ses drones grésillants, texturés, puissants, frôlant le bruitisme. Puis l’album s’achève avec un morceau titre qui signe un retour aux instruments, entre accompagnement d’orgues et mélodie croisant guitare, piano et électronique.

Un album finalement bien dans la lignée de ce que l’on pouvait attendre d’un touche à tout comme Michel Banabila et un duo qui nous apparait comme logique tellement l’album s’avère cohérent. (Fabrice Allard)

travelog

 

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Music composer & sound artist. Michel Banabila releases music since 1983 and has produced musical scores for numerous films, documentaries, video art, theatre plays & choreographies. His music varies from minimal loop-based electronica, 4th world and neoclassical pieces, to drones, experimental electronica and tribal ambient. In addition to acoustic instrumentation, Banabila uses electronics, field recordings, and snippets from radio, tv and internet.

Bureau B, Séance Centre, Pork Recordings, Tone Casualties, Challenge Records, Steamin' Soundworks, Tapu Records.