ETHER REAL : The Latest Research From The Dept. Of Electrical Engineering

On découvre ici Michel Banabila qui est en fait un vieux de la vieille en ce qui concerne les musiques électroniques et expérimentales. Cet artiste néerlandais est né en 1961 et il sortait son premier album en 1983. Un parcours atypique, un large champ d’expérimentations l’amène à travailler avec des artistes d’horizons variés, mêlant musiques du monde, jazz, ambient et plunderphonics. Cette nouvelle production surprend d’ailleurs par sa richesse, croisant ambient et tensions électriques. Le disque sort en collaboration grâce à AudioTong et Tapu Records, ce dernier étant géré par Michel Banabila afin de sortir ses propres disques. Le titre reflète immédiatement la dimension électrique de ce disque et ce point se confirme avec les titres des morceaux. Le disque s’ouvre d’ailleurs sur Voltage Voltage et des grincements de guitares électriques, des ronronnements d’ampli laissant penser que l’on a affaire ici à une production art-rock tendance bruitiste. C’est mal connaître Banabila qui après quelques minutes d’expérimentations abstraites cale une rythmique électronique bien trempée, carrée, certes ponctuée de crissements et textures noisy. C’est au fil de l’eau que l’on découvre donc la richesse du travail du Néerlandais. Un tempo bien plus fin sur I Wont Play Your Game au style cinématographique avec accompagnement de cordes et un piano étonnamment fin, sec et claquant, tandis que l’électronique se fait brute comme en témoigne les claquements de basse qui composent la rythmique minimale de Guerilla Tactics ou l’approche quasi breakcore et étouffante de A Cold Wind Over Europe. La deuxième moitié de l’album fait apparaître une deuxième facette du travail de l’artiste, plus doux et plus abstrait. Machinery Aesthetics est un magma de bruitages, ronronnements, frétillements donnant l’impression que ces machines sont pleines de vie. Mais c’est More Signals From KrakRot qui sera certainement notre morceau préféré, composé avec l’aide de Zenial aux machines. Plus mélodique avec ses petits tintements électroniques, tandis qu’un voix triturée, comme enregistrée sous l’eau, apporte une teinte mystérieuse. Sa construction sur plus de 10mn réserve d’agréables surprises, entre constructions efficaces et expérimentations subtiles. Les deux derniers titres sont véritablement ambient. Généralement cinématographiques, imagés avec un Monochrome Pictures venu d’un autre temps avec son piano raffiné et ses nappes fragiles, et un New Energy Forms qui collerait à merveille à une scène de dénouement : doux, feutré et pointillisme rythmique. Un album riche mais qui reste cohérent, expérimental mais abordable, bref une excellente surprise.

Fabrice Allard.

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Music composer & sound artist. Michel Banabila has produced musical scores for numerous films, documentaries, video art, theatre plays & choreographies.